Blog : saison 2020-2021

Les Arts & les Lettres

Nos textes au fil de nos créations

Dans le cadre de nos soirées d’écritures partagées du jeudi soir entre 20H & 22H, nous nous relayons pour nourrir ce blog littéraire & artistique. Le premier semestre est consacré à la recherche de son style.

« Poursuis, reste avec, encercler encore et toujours ta vie… Connais ton os personnel : ronge-le, enfouis-le, déterre-le et ronge-le encore ». H.D. Thoreau

A travers des propositions illustrées par quelques textes de romanciers souvent contemporains, nous tentons chacun de découvrir notre intimité au monde, ce qui nourrit sa compréhension personnelle. Voici quelques textes écrits par les participants

Textes d’Octobre 2020

Elle, la rêveuse:
Je me souviens.
Dans la nuit sombre et rebelle, le long d’un cours de flotte verdâtre,
Loin des inutiles frayeurs et des cauchemars en lutte.
Je me souviens. Par un temps affreux, froid et humide, où l’eau pénétrait nos os.
Je me souviens, le vent glacial et l’horizon bouché. Je me souviens…
Chaque prières de femmes étaient des lamentations de futurs avortés. Et dans un creux de ténèbre, je l’ai vu, riant à gorge déployée, suspect numéro 1 de ma détresse si palpable dans cette obscurité, où la vue n’a rien à voir de tangible. C’est aveuglément que je l’ai vue. Elle était immense et ses mains se sont refermées sur moi. Je me souviens m’être débattue et avoir crié. Je me souviens, bien, je me souviens presque encore, comme si l’ombre de cette chose fantasque et pourtant bien réelle, entrait par la porte de mes souvenirs pour rentrer une fois encore sous les tissus de ma nuit. Cette ombre, je l’ai vu pour la première fois comme un éclatement indicible. Je me souviens elle était silencieuse. Elle a surgit de la nuit, traquant minute par minute le moindre de mes soupirs. Elle est née sous mes yeux en un fragment de seconde, elle m’a ravie. Quand elle est partie, elle s’est retournée avec ses deux billes blanches pointées sur moi. ANNE C
.

Moi, l’ombre:
Je suis née cette nuit là, dans un vacarme silencieux. Je suis née à l’image du loup hurlant à la lune. Je suis née dans une froideur palpable, mais dans une ivresse insondable. Je suis née entre deux heures où l’obscurité bat le rythme du temps qui se suspens mais passe aussi très vite, plus vite encore que les rêves. Je suis née sous l’angoisse d’une femme, apeurée par son souffle et son karma endormi. Je crois savoir qu’elle n’a de reste que ses regrets. Je suis née, où se rencontrent les âmes belles et la forêt, sombre, moite, généreuse de fantaisies. Les farfadets et les fées, bonnes ou mauvaises, accompagnés des lucioles de la nuit, ont tracé le chemin. Un chemin difficile d’où j’ai surgit. Un chemin où le coeur ne résiste pas à l’emballement. Je suis née noire, ombre de douleurs et de plaisirs, saisissant la première victime de ma nuit. D’abord pour la ravir, après pour l’abandonner. Je suis née ainsi, sous son regard dur et tendre à la fois. Je suis née pour elle et par elle. Est ce que ce n’est pas elle qui est moi ? Je suis née attachée à ce verrou qui nous sépare. A quoi bon résister de venir à son monde puisque c’est elle qui me crée. Je suis née sans volonté, et sans pensée, je suis née de son désir. Elle me dit immense. Mais je suis toute petite terrée dans la bas fond de son coeur. Je suis enfermée, dans le noir où la lumière se fait rare. C’est elle qui allume et éteint. Mais cette nuit là, je suis née sous ses tissus de nuit bleutée, sortant, surgissant pour être son égal. La peur l’a rattrapée. Elle me voit comme une menace mais je ne suis que ce qu’elle veut bien faire naître de moi. Je suis née sous les traits de son émoi, encore écrasée de son égo. Je suis née pour n’être rien. Mais quand rien naît, c’est un trop plein qui s’exprime. Je suis née d’un trop pour n’être rien. Une image seulement, seule
. (ANNE C)

Les géants et la petite fille : Qui est cette petite fille intrépide qui ose glisser à coté de ces géants ? Cette petite fille, c’est moi à 8 ans au Portugal pendant une visite de monument à Lisbonne. Ce monument c’est celui des grands explorateurs parties conquérir le monde avide de savoir et de découvertes : l’Amérique ? les Indes ? De mes yeux de petite fille, je les trouve fascinant mesurant plus de trois mètres de hauteur et leurs pieds immense se dirigeant vers l’inconnue et le danger. L’enfant rebelle qui est en moi y voient un terrain de jeux. Je monte au 1er niveau et en redescend sur les fesses. Qu’importe que ce soit autoriser ou non, je m’amuse. Le gardien n’y retrouve rien à redire non plus. Mes cheveux court, mes lunettes qui me donne une fausse image de fille sage, le tee-shirt dont je me souviens plus très bien le motif ni la couleur. Le garçon manqué ressemble à une fille par convenance et par ses habits mais pas dans son attitude. Le soleil brille et pas un nuage en vue, la journée parfaite pour une sortie en famille. Que font mes sœurs, je m’en rappelle plus. Comme d’habitude, je suis la plus dissipé mais on me le pardonne. Cette photo résume bien ce que je véhiculer comme image, la petite Anne espiègle qui profite de son enfance. (Moustique)

Petit Pinocchio Dans une commode, se trouve une boîte à bijoux, on peut y trouver des bijoux de valeurs et la pacotille. Mes yeux vont sur ce petit pendentif qui peut paraître enfantin, un petit Pinocchio. Mes souvenirs me projettent directement au jour ou j’ai acheté ce petit bonhomme avec mon argent de poche lors d’un voyage au Portugal dans la maison familiale de mes grands-parents. Je me revois au comptoir de cette bijouterie ou ce vieux monsieur au cheveux gris me demande ce que je veux. Je suis jeune, encore en primaire mais qu’importe, c’est ce petit bonhomme que je veux. Je le revois le sortir de la vitrine, lui fait prendre une belle toilette délicate avec son chiffon et le déposer avec minutie dans une petite boîte dont j’ai oublié la couleur. Je lui tends mon billet toute fier de pouvoir faire l’acquisition de mon précieux. Le vieux me monsieur grisonnant me tend ma monnaie et mon précieux avec un sourire de bienveillance. Le petit bonhomme m’a accompagné longtemps autour de mon cou. Les années passent primaire, sans suivent des année collège puis je grandis et le petit bonhomme me parait trop enfantin au lycée. Lui qui m’a été si fidèle tant d’année, je le cache. Dans ma boîte à bijoux. Le temps passe et vient les premiers amours, la vie de couple, les enfants. Vient le jour où mon plus jeune garçon fouille dans ma boite à trésor, me tend le petit bonhomme avec de la convoitise. Ce petit bonhomme que j’ai lâchement oublier tant d’année, un pincement au cœur et tous les souvenirs ressurgissent : ma grand-mère que je ne reverrais plus, les paysages de montagnes verdoyant et aride à la fois, les années collèges etc…. Mon fils veut jouer avec mon précieux, porter une partie de moi autour de son petit cou. Puis il se lasse assez du petit bonhomme et me le rend. Quel soulagement de le retrouver et le remettre dans ma boite à trésor pour le ressortir de temps en temps et faire ressurgir une partie une partie de mon enfance. (Moustique)


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